Entretien avec BLA! réseau des pros de la médiation en art contemporain

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Je vous parlais dans un précédent article de BLA!, association nationale des professionnel·les de la médiation en art contemporain. Pourquoi c’est mon réseau pro préféré, comment ça marche et qu’est-ce qui quoi. Je te conseille de le lire si ce n’est pas fait.

Aujourd’hui je laisse la parole à trois personnes de l’association, qui nous en disent plus sur leur rapport à BLA!, leurs perspectives, leurs rêves et deux trois autres trucs.

La parole à BLA!

BLA! et moi c’est une si belle histoire, ça allait m’être difficile de vous en parler objectivement.

Alors j’ai appelé les consœurs à la rescousse, trois membres de BLA! pour m’en dire un peu plus sur l’asso. Dans cette joyeuse visio, on a parlé de parcours, de rêves, de burnout, d’inventivité, de mise en action, d’écoute, de care et de transmission (obviously).

Je vous laisse en compagnie de trois femmes supères :

Julie Esmaeelipour, chargée de la médiation et de l’éducation artistique à la maison des arts, centre d’art contemporain de Malakoff — membre du conseil collégial de BLA! depuis 2021

Anne Marchis Mouren, médiatrice indépendante — co-fondatrice du BIM – Bureau Indépendant de Médiation culturelle — membre du conseil collégial de BLA! depuis 2018, cofondatrice et membre du conseil collégial du Réseau MED et membre du réseau WOW

Florence Marqueyrol, responsable du service des publics et du programme culturel de La Galerie, centre d’art contemporain de Noisy-le-Sec — membre du conseil collégial de de BLA! de 2017 à 2021 — représentante de BLA! au conseil d’administration du Cipac.

Association BLA!, réseau des professionnel·les de la médiation

Les temps forts de BLA!

Géraldine — Vous êtes toutes les trois entrées dans l’aventure à des moments différents, alors j’aimerais savoir : pour chacune d’entre vous, quel est le big temps fort de la vie de l’association BLA! ?

Florence Marqueyrol (FM)Je peux parler de l’impulsion car “j’y étais” 😊 Il y a eu un rassemblement d’équipes des structures membres de DCA, regroupées par métiers, en 2016. Historiquement, le réseau DCA [réseau national de centres d’art contemporain] rassemblait plutôt les directions des structures, rarement leurs équipes. Nous réunir entre professionnel·les de la médiation a permis de faire le constat, assez triste, d’une souffrance au travail. C’était dû notamment à un manque de reconnaissance, et un besoin d’échanger entre pairs. Il y avait aussi une demande du Cipac, que nos métiers soient représentés à l’échelle nationale.

Aux journées de DCA, Christelle Alin [figure de Un Moment voulu, feue l’association de médiation en art contemporain, qui a existé à peu près dix ans au début des années 2000] était d’ailleurs présente. On avait conscience des limites du modèle de Un Moment voulu : la personnalisation — d’où le choix d’une gouvernance collégiale pour BLA!. C’est pour ça aussi qu’on est trois à te répondre aujourd’hui. On représente trois époques différentes de BLA! et je trouve ça assez émouvant, je me dis que ça, on a réussi à le transmettre.

Anne Marchis Mouren (AMM) — Le moment fort, après la création, c’est quand BLA! est entré dans le conseil d’administration du Cipac.

Julie Esmaeelipour (JE) — Et dans la suite, la subvention du ministère de la Culture qui nous permet de salarier une personne. C’est un signe de reconnaissance en plus, et des moyens pour approfondir nos chantiers.

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Pourquoi rejoindre BLA! ?

Florence nous a dit pourquoi créer BLA!, et du coup Anne et Julie, dites-moi : pourquoi rejoindre l’association BLA! ?

AMM — Pour me confronter à mes pairs. J’avais une formation de commissariat d’expo, mon premier poste à la Belle de Mai (Marseille) était entre la médiation et la programmation. J’avais peu d’endroits où en parler, où partager l’expérience de personnes en médiation. Dans ma pratique, j’ai fait le choix de l’indépendance, mais du coup je ne profitais pas des réseaux de structures comme DCA par exemple.

Un autre truc me plaît à BLA! : aborder la médiation comme un sujet de recherche et d’archive sur le territoire. D’ailleurs, un an après mon arrivée à BLA!, j’ai co-fondé le Réseau Med, réseau de médiation en PACA.

En terme de formation aussi : on a eu une summer school à la Villa Arson (Nice) en 2019, où on a expérimenté, on a pu rencontrer des personnes qui sont dans des pratiques du corps, de l’expérimentation. Des pistes que j’explore encore aujourd’hui. C’est ce que j’aime dans BLA! : ça apporte des actions concrètes, qu’on peut transformer chacun·e dans notre pratique.

JEJe me rappelle avant la création de BLA!, le fait de se retrouver au sein de Tram [réseau d’art contemporain en Île-de-France], entre pros de la médiation. Vous étiez là (Florence et Géraldine) un peu comme des mentors, pour moi jeune médiatrice qui avais appris le métier sur le tas, c’était cool. Rejoindre BLA!, c’était continuer ce rayonnement, permettre à d’autres jeunes qui démarrent de s’y retrouver dans ces métiers.

BLA!, réseau des professionnel·les de la médiation - Le 12-13-14 octobre BLA! a organisé sa première AUTUMN SCHOOL à Bordeaux
Le 12-13-14 octobre BLA! a organisé sa première AUTUMN SCHOOL à Bordeaux

Quel est le prochain rendez-vous de BLA! ?

FM En juillet prochain aura lieu de congrès du Cipac à Marseille. BLA! y fera une intervention sur la valorisation de nos métiers.

Comment ça se passe avec les autres réseaux de l’art contemporain ?

FM — Dans les zones où il n’y a pas d’asso de pros de la médiation, c’est avec les réseaux régionaux qu’on est en lien. Avec DCA aussi, qui fait en ce moment une enquête sur la médiation dans les structures de son réseau, d’ailleurs.

Un rêve pour terminer

Quel serait votre rêve par rapport à la médiation de l’art contemporain ?

AMM — À titre personnel, ouvrir une ligne verte pour les médiateur·rices, pour verser un peu toute cette charge mentale liée au métier. Car comment avoir une pratique d’écoute et d’accueil, si nous on ne va pas bien ? Ça se fera au sein de l’association BLA! ou pas — ce n’est pas discuté collégialement — mais en tout cas ce sera un prolongement de son action.

JE — Je te rejoins Anne sur la ligne verte, c’est une excellente idée. L’enquête faite en 2020, sur comment on vivait cette période d’annulations, en sera peut-être une première étape rétrospectivement.

Sinon, je trouverais super qu’une pro de la médiation soit promue à un très haut poste de responsabilité dans la culture, en ayant fait un parcours dans la médiation. Sans avoir à passer par la case conservation par exemple.

AMM — Le vrai rêve serait d’avoir des directions tripartites, avec administration, artistique et médiation, et pas de chef·fe ! Et que les personnes soient recrutées au bon endroit, parce que ça suffit de donner des structures à des commissaires d’expos qui n’ont pas d’expérience en management d’équipe.

les assos de pros, la vie

FMAh il y aurait beaucoup de choses… Un seul rêve ? Qu’il n’y ait plus de médiateur·rices en burnout, ça serait déjà pas mal. En tout cas, qu’il y ait une vraie prise en compte du bien-être mental des équipes. Parce que certes, il y a celleux qui souffrent au travail, mais il y a aussi les autres. Celleux qui, pour des raisons de pratiques personnelles ou parce qu’iels ne sont pas satisfait·es au travail, s’impliquent dans des projets où iels s’y retrouvent plus. Du coup, iels cumulent un temps plein et des projets importants.

Et une reconnaissance du fait qu’on peut produire des formes artistiques qui n’aient pas la forme d’expos, mais tout aussi importantes. Enfin que les actions de médiation soient reconnues. C’est quand même la majeure partie de ce qui intéresse les politiques culturelles !

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Sur ces paroles qui donnent la patate, je vous laisse retrouver l’association BLA! :

À bientôt et prenez soin de vous 🤝

BLA!, réseau des professionnel·les de la médiation

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